L'école expérimentale

Cette proposition d'école alternative se place dans le sillage de la prochaine création que développent Léa Drouet et Camille Louis autour des mondes de l'enfance et de l'enfance des mondes. Elle consiste en un dispositif horizontal et réciproque d'échange des savoirs. Afin d'interroger ces mondes, les artistes veulent inviter les savoirs de celles et ceux qui, invisiblement, « petitement », inventent ces mondes ainsi que les structures capables de les soutenir. 


Enfants, adolescent.e.s, « troublé.e.s » psychiquement et dans les comportements, communautés d'exilés, de personnes issues de l'immigration et autres dites « minorités »... : ils et elles sont les groupes génériques dont on parle, les singularités que l'on n'entend jamais réellement parler. « La société normale » veut leur apprendre à bien parler, à bien s'intégrer, à bien fonctionner dans un système prétendu sain mais dont la maladie éclate aujourd'hui plus que jamais et, sous ce vouloir, elle piétine les savoirs et les saveurs de monde qui pourrait nous redonner santé.

L'école « anormale » souhaite, elle, prendre comme enseignant.e.s toutes celles et ceux à qui l'on prétend enseigner, que l'on veut former ou normaliser. Elle est expérimentale en ce qu'elle part des expériences, de ce que les vécus éprouvés forgent comme connaissance de l'immonde et comme résistance au nom du monde. Elle l'est aussi dans sa forme qui, pour être fidèle à la singularité des langages et des manières de voir, de faire, de sentir, de rêver... invités, se reconfigurera à chaque nouvelle session. Plus qu'une « classe » organisée dans ses places et ses hiérarchies plus qu'un cours toujours trop borné dans sa durée, les rendez-vous de l'École s'imaginent comme de longs weekends ponctuant l'année et opérant des connections avec la programmation de l'atelier 210 où elle démarre. 

Le format exact de ces moments est flexible. Il se conçoit toutefois selon 2 modalités complémentaires : un espace-temps d'expression et de transmission de savoirs singuliers confié à « l'enseignant », qui pourra le faire dans les formes qui lui conviennent (parole, dessin, geste, déplacement dans la ville...) ; un temps de mise en pratique partagé au sein duquel les écoliers pourront travailler ensemble et créer une nouvelle mémoire partagée. 

 

Dates & thématiques


L'École expérimentale se déroulera d'octobre 2021 à juillet 2023. 

 

  • · 16 et 17 octobre 2021: Déconstruire ce qui est, composer le monde qui vient. 

Ses enseignants sont les jeunes créateurs et auteurs de la revue MAGMA qui cherche à produire de nouveaux récits sur la jeunesse en commençant par lui laisser la parole.

Les classes suivantes (dates et intervenant.e.s exacts à venir) auront pour thématiques:

  • · "L’enfant agit, le monde s’agite": donnera la parole aux pédagogies alternatives venues d'ailleurs et faisant avec les ailleurs au sein de classes multiculturelles dont nous entendront les animatrices/ animateurs et les écolier.e.s
  • · "Démarrer avec les ancien.ne.s": ouvrira l'année avec celles et ceux que l'on a trop tendance à associer au « fini » (fin de carrière, fin d'activités et fin.. de vie) : les plus agé.e.s de nos sociétés et toutes celles et ceux qui, de tous âges, font avec elles et eux.
  • · "Apprendre à faire des lieux avec celles et ceux que nos sociétés considèrent comme « sans lieux »": invitera des personnes exilées et ou sans-papiers à nous transmettre leurs outils d'organisation d'espaces de vie collective auto-gérés tels qu'ils s'inscrivent dans les marges des gestions urbanistiques qui transforment nos lieux de vie en dortoirs dénués de vitalité.
  • · "L’école de la terre dans les quartiers populaires / Reprise de terre en milieu urbain": invitera non pas les experts de l'écologie mais les expérimentateurs d'autres manières de faire avec la terre en des lieux que l'on pense comme des ghettos et des déserts.