ÉDITO
Le rouleau compresseur libéral avance. Partout, l’étau se resserre. Quand les politiques d’austérité frappent en premier les secteurs non-marchands, il est impossible d’ignorer ce que cela révèle de nos sociétés. Les métiers du lien, de l’humain, ceux qui fabriquent du commun, sont relégués au second plan. À mesure que s’imposent des logiques de peur, de repli sur soi et de valorisation quasi exclusive de la productivité, l’espace accordé à la culture, à la rencontre et à la pensée se réduit.
À notre échelle à l’atelier210, c’est une institution partenaire, la Médiathèque Nouvelle, qui disparaît sans concertation, c’est le gel de l’indexation des subsides tandis que les coûts augmentent, et des spectateur·ices en situation de précarité qui n’ont plus accès aux billets solidaires Article27 suite à la décision fédérale de supprimer les budgets participatifs des CPAS.
Contre ce conservatisme qui étouffe, son agenda qui paraît inébranlable, que peut encore une institution culturelle ?
Nous pensons que notre résistance et nos forces vives se trouvent dans les entre-deux, les interstices, les croisements, les divergences. Nous persistons à créer ces espaces d’ancrage : à accueillir, à rassembler, à défendre des formes sensibles, des paroles multiples, des expériences partagées.
Cette 22ème saison est une brèche, une respiration, dont la solidarité est le terreau. Les artistes y observent les failles de l’histoire, se connectent aux liens que le colonialisme a rompu, creusent nos peurs profondes, se coupent du monde devenu trop hard core, ou font exploser une énergie carnavalesque.
Entre pause et action, amitié et puissance, chaque spectacle, chaque concert, chaque fête est une manière d’affirmer que d’autres récits sont possibles – et nécessaires. En s’outillant ensemble pour les luttes, contre la rigidité ambiante et la casse des rapports humains, l’année qui vient nous ressemble : elle insiste et persiste.
Love & Acts



